Historique
Où l’on découvre la vie mouvementée d’un club de province depuis sa création il y a 20 ans jusqu’à nos jours.
Première période :
C’est à l’automne 1981 que 2 travailleurs immigrés font connaissance dans un restaurant ploërmelais où ils prennent leurs repas en attendant que leurs familles immigrent à leur tour. L’un, Jacques GAULT, est pilote avion et arrive de St BRIEUC. L’autre, Pierre ROSE, a fait quelques heures de double-commande planeur il y a une douzaine d’années et arrive de région parisienne. La piste de PLOERMEL-LOYAT vient d’être allongée et refaite et un club-house construit tels que nous les connaissons aujourd’hui. " Et si nous faisions un aéroclub ? "
Jacques est du genre à vendre du sable au Sahara. Son métier de banquier lui fait rencontrer beaucoup de monde. Il parle de leur projet à qui veut, et même ne veut pas, l’entendre et trouve un troisième larron, Alain MOUQUET, qui a déjà volé un peu en planeur et accepte de se lancer avec eux dans l’aventure.
Les statuts sont mis au point. Après la tenue d’une Assemblée Constituante en Mairie de Ploërmel le 22 novembre 1982, l’Association sera déclaré à la Préfecture de VANNES le 4 décembre 1982 et, le 6 décembre 1982, l’AEROCLUB de BROCELIANDE tient sa première Assemblée Générale. Pas moins de 15 personnes se présentent et sont élues au Conseil d’Administration ! Le Bureau est ainsi constitué : Président : Jacques GAULT, Secrétaire : Alain MOUQUET , Trésorier : Alain CHEREAU. Présent ? Oh ! combien ! - dans le CA, P. ROSE refusera toute fonction nominative précise. Le Club se propose de pratiquer l’aéromodélisme (Vice-Président : Edmond BANDRAC), l’ULM (Vice-Président : Maurice MELOIS), le vol moteur (Vice-Président : Pierre LERAY) et le Vol à Voile (Vice-Président : Jean-François RIGAUD). Au total, ce sont 30 cartes de membre qui s’arrachent littéralement en quelques minutes !
L’aviation, c’est bien connu, est l’école de la patience et de la ténacité ; deux vertus mal distribuées dans la cette population. L’absence de hangar et d’essence sur la plate forme va ajouter aux difficultés de fonctionnement. La confrontation avec ces réalités vont malheureusement avoir rapidement raison de cet enthousiasme puérile.
Aéromodélisme : 2 jeunes membres le pratiquent (dont le futur vélivole Gildas BODOLEC) En réalité, leurs modèles réduits sont des autos télécommandées mais pas d’avions...
ULM : par l’intermédiaire de la Société Air Ouest Loisir (voir plus loin), 3 ou 4 membres du Club seront lâchés au cours de l’année 1983.
Vol à voile : le Club est rapidement affilié FFVV. Il pourra bénéficier du prêt du remorqueur de la Ligue de l’Ouest (ancêtre du CRVVB) dès qu’il aura un hangar ( !) Il obtient aussi l’attribution de 2 parachutes. Mais sans rien de plus, les 3 membres qui ont pris leur licence Fédérale ne pourront que voler 23 heures... dans d’autres Clubs cette année là (1983) !
Vol moteur : l’énergie du Président permet à cette section d’être nettement plus active. Le premier vol moteur aura lieu le 14 mars 1983. Sans hangar, sans essence donc sans avion (étonnant pour un aéroclub !) le scénario est le suivant.
Notre instructeur bénévole, Frédéric DAMAGGIO, de DINAN, se rend en voiture à PONTIVY. Il prend le JODEL D112 que l’ACB loue à l’aéroclub de PONTIVY. Il le convoie à PLOËRMEL, donne les cours aux élèves (14 stagiaires inscrits) et fait la man ?uvre inverse le soir. Plus tard ce sera Christian RAULT, de St BRIEUC, qui fera la même gymnastique. Plus tard encore, c’est le Rallye de REDON que le Club louera. Jacques GAULT et Pierre ROSE iront par la route, le matin, chercher cet avion, laissant une voiture là-bas. Christian, venu en voiture de St BRIEUC, donnera les cours à PLOËRMEL. Le soir, il fera faire au dernier élève la nave de REDON pour rendre l’avion. Puis ils reviendront avec la voiture laissée sur place !!! Répéter cela chaque WE, c’est lourd !!!
Au mois de juin 1983, la Société Air Ouest Loisir s’installe sur l’aérodrome. Sont but est de monter et vendre des ULM et de proposer la formation sur ces machines. Elle a réussi à se faire installer des pompes à essence et un hangar (celles que nous connaissons actuellement et celui que nous utilisons pour le remorqueur et le treuil) Elle dispose de deux avions sous employés et a engagé Christian RAULT comme Chef-pilote. Le Club s’accorde alors avec elle : moyennant l’achat d’avance de 100 heures de vol en DC, les élèves pilotes de l’aéroclub pourront voler avec les moyens de cette Société. Georges-Edouard CAMPAUT a rejoint l’Aéroclub de Brocéliande au printemps et vole en avion. Pierre ROSE et Michel GAYOT, élèves, seront lâchés à la fin de cet été 1983.
Malheureusement, les complications pratiques des débuts, l’ajustement des coûts des heures de vol et surtout, la prise de conscience des réalités, ont découragé les premiers inscrits à l’Association. Chacun a pu mesurer depuis que, si l’aéronautique est une excellente école de patience et de responsabilisation, elle demande en revanche d’avantage de volonté, d’opiniâtreté, de détermination que dans les autres sports ou activités de loisir pratiqués traditionnellement. La conséquence sera qu’au mois d’octobre 1983 il ne reste que 4 élèves et 2 ou 3 brevetés avion.
Enfin, le 12 novembre 1983, Air Ouest Loisir dépose son bilan. La gymnastique de location du Rallye à REDON recommence...
La Société Air Ouest Loisir possédait un JODEL D 117. L’organisation par l’ACB (en fait : par Jacques GAULT qui a pratiquement tout assumé !) d’une étape d’un tour de France ULM a permis de gagner un peu d’argent. Le Club propose donc au Liquidateur d’Air Ouest Loisir de racheter cet avion. Michel GAYOT prête 30.000 francs pour parfaire l’achat. Et sous prétexte de sortir son avion du hangar, le Club obtient la clef de celui-ci. Des copies en sont faites. La clef originale est rendue. Et à partir de ce jour, l’ACB squate le hangar...Quant à l’essence, c’est Pierre ROSE qui va régulièrement à REDON avec remorque et bidons pour alimenter notre machine... Tout ceci dans la plus parfaite illégalité, mais il y a prescription : on peut donc le dire maintenant !
Le JODEL se montre rapidement un peu juste. Pas de baptêmes rentables possible (un seul baptisé à la fois), train classique donc pas à mettre facilement dans les mains du premier pilote venu, pas de moyens de radionavigation nécessaires pour passer le brevet, bruyant donc fatigant pour l’instructeur... Au mois de Juin 1984, le Club achète le RALLYE F-BXYI, moteur plein potentiel et cellule refaite et revend son JODEL.
En 1984 la section ULM n’a toujours rien fait. Son Président Maurice MELOIS démissionne ! Joël HERVIAUX a racheté un ULM au Liquidateur d’Air Ouest Loisir. Il squate également le hangar. 61 heures de vol seront faites cette année avec cette machine privée.
La section modélisme a quasiment les mêmes pratiquants que l’année d’avant qui continuent à faire rouler des voitures sur parking et taxiways... et toujours pas d’avions !
En revanche, les 3 vélivoles de l’ACB se sont regroupés avec les 6 de PONTIVY et ont volé à PONTIVY. Un BIJAVE leur a été prêté par la Ligue de l’Ouest et Jean-François RIGAUD a prêté de quoi acheter un FAUCONNET. L’aéroclub de PONTIVY possède un MINERVA équipé remorquage. Il dispose de hangars, d’essence et d’un instructeur bénévole. Jean-François RIGAUD envisage de monter une " Coupe du FAUCONNET " et de faire voler ces planeurs à PLOËRMEL un WE par mois en 1985. Enfin : ça bouge !!!
Hélas, le Président Jacques GAULT et le Secrétaire Alain MOUQUET quittent PLOËRMEL courant 1984. L’élan retombe. D’autant que des tiraillements se font jour entre des administrateurs qui n’ont pas bien réalisé que la gestion d’un aéroclub n’est pas une fonction honorifique. Elle constitue un véritable travail, d’autant plus difficile que notre Association ne réunit qu’un nombre ridiculement faible de membres, peu motivés de surcroît.
Cahin caha, l’école moteur continue. En décembre 1984, Pierre ROSE passe son brevet de base, suivi de peu par Michel GAYOT. En janvier 1985, c’est un jeune, Edmond DOUDARD, qui obtient le sien. Ce sont les 3 derniers élèves qui subsistent...
Ensuite, 1985 est l’année noire. Les contre-temps s’enchaînent.
L’ULM ne survit que par les vols de Joël HERVIAUX et son épouse Gaby sur leur propre appareil. Donc, pas d’activité Club proprement dite.
Le responsable du modélisme démissionne sur un coup de tête. Peu motivé, il n’avait pas eu, à vrai dire, d’activité notoire, et le peu qui s’était pratiquée n’était pas aéronautique.
Quant au vol à voile, la déception est grande pour Jean-François RIGAUD : le CA de l’Aéroclub de PONTIVY a décidé de ne pas poursuivre sa coopération avec l’ACB. L’organisation de la Coupe FAUCONNET qu’il avait entrepris de monter devient ainsi caduque. Il est vrai que les autres vélivoles de l’ACB étaient peu sérieux et qu’il se retrouve pratiquement seul en section vol à voile. Il décide donc de revendre le FAUCONNET du Club pour récupérer son prêt en attendant des jours meilleurs.
Pour se faire connaître (et récupérer peut-être quelqu’argent par des ventes de baptêmes !) une journée portes ouvertes avait été décidée pour l’Ascension. Un avion de voltige qui devait venir faire de l’animation casse son moteur ! Le responsable des parachutistes qui devaient sauter oublie de venir à la réunion préparatoire et reste injoignable les jours suivants ! Les derniers membres du Club affectent une complète démobilisation. La manifestation est décommandée... La poisse, quoi.
Jusqu’au mois de mai 1985, les survivants font semblant de croire que tout cela n’est qu’un mauvais passage. Pierre ROSE passe son brevet TT au mois de mai 85. Avec Georges-Edouard CAMPAUT et le 3° pilote du Club, Roland AURADOU, ils essaient de faire voler le RALLYE. Mais à l’évidence, ils ne sont pas assez nombreux pour assurer le financement de l’avion.
Au moment de l’achat du Rallye, 3 personnes se sont portées caution de cet emprunt. Deux ont déserté. Pierre ROSE reste seule caution. Il n’en dort plus ! Pour assurer au moins les remboursements du prêt de l’avion, il décide de le louer au mois de juin a REDON et aux mois de juillet et août à BELLE-ILE. En espérant qu’il y ait de nouveaux élèves à la rentrée afin que le paiement d’heures de vol permette le paiement des échéances. Malheureusement cela ne se produit pas et, c’est la mort dans l’âme, que l’avion est vendu à l’aéroclub de MORLAIX en septembre 1985.
Dans cette déconfiture, il faut mettre en valeur les éléments positifs :
1. l’aventure a permis de "faire le ménage". Il est clair que les gens de la région de PLOËRMEL n’ont pas la fibre aéronautique. Il est par conséquent inutile de vouloir leur proposer, à la force du poignet, des choses dont ils ne veulent pas. Exit l’aéromodélisme. Exit le vol moteur. Et même, exit l’ULM dont pourtant ils ont plein la bouche. A ce stade, paradoxalement par rapport à la situation observée 17 ans plus tard, exit également le vol à voile. Nous verrons plus loin comment les équipes dirigeantes suivantes s’y sont prises pour assurer le succès actuel de l’ACB.
2. La pseudo-activité de l’ACB de 1982 à 1985 et la revente du RALLYE ont tout de même permis de se retrouver, après remboursement de l’emprunt sur le RALLYE, avec 50KF en caisse à l’issue de cette aventure. Ce fut une des chances du Vol à Voile à PLOËRMEL.
La seconde vie de l’ACB :
A l’automne 1985, le dernier carré de résistants était ainsi composé : Pierre ROSE, Président, qui pour continuer à voler s’était inscrit à l’aéroclub de REDON, Didier ZYTNIKI, sympathisant, Secrétaire qui ne volait pas, Gilbert TUAL, sympathisant, Trésorier qui ne volait pas, Gaby DASTE & Joël HERVIAUX qui volaient, mais sur leur propre ULM, Georges-Edouard CAMPAUT qui était retourné voler en avion à RENNES, et Jean-François RIGAUD qui aurait bien volé si on lui avait proposé un planeur (et un remorqueur !).
5 de ces survivants ne voient aucune autre issue que de liquider l’Association. Joël et Gaby ne le souhaitent pas car ils ne savent pas où ils pourront loger leur ULM si le Club disparaît. Mais sans membres, que peut faire une Association ??? C’est alors que Jean-François RIGAUD rencontre 2 Rennais : Philippe TOUZE et François BERTRAND. Ceux-ci viennent d’acheter un FAUCONNET (treuillable, le seul qui ait jamais existé semble-t-il !) et ne savent où le baser car RENNES ne veut plus voir de " bois et toile ". Ils découvrent le terrain de PLOËRMEL, sont enthousiasmés et, ne connaissant pas la mentalité locale, ne voient aucun obstacle à y développer la pratique du planeur en tant qu’activité exclusive de l’ACB. D’autant qu’ils pourraient alors y baser leur FAUCONNET.
Le Président de l’ACB abonde dans ce sens. Toutefois, il ne veut à aucun prix risquer de connaître à nouveau les nuits blanches et les angoisses qu’il a connues récemment lorsqu’il fallait continuer à rembourser l’emprunt et assurer les frais fixes de l’avion, alors qu’il ne restait qu’une demi-douzaine de membres, et encore, pas tous actifs ! Il met donc une condition incontournable : trouver d’abord un nombre suffisant d’élèves intéressés qui mettront leur chèque sur la table. S’il ne sont pas assez nombreux en début de saison 1986, on leur rendra leur chèque et on arrêtera là le carnage. Si au contraire, leur nombre est suffisant, on acquerra le matériel nécessaire et on ira de l’avant.
La règle du jeu étant fixée, nous étudions différents scénarios de comptes d’exploitation. Après bien des réflexions, on en arrive au schéma suivant.
Outre qu’il faut trouver des pilotes-remorqueurs, les coûts de fonctionnement avec un remorqueur sont hors de notre portée. Il faut donc viser à s’équiper d’un planeur bi-place treuillable et d’un treuil. Courant décembre 1985, P. ROSE, Ph. TOUZE et J.F. RIGAUD se rendent à La ROCHE sur YON où ils y négocient notre premier matériel de vélivoles : un BERGFALK IV et un treuil (celui qui est encore en notre possession). Sous réserve que nous ayons assez de clients qui aient payé leurs cotisation et forfait d’ici février 1986, après encore de longues discussions, nous donnons notre accord.
Deux vélivoles de la première heure sont sollicités. Ils ne sont pas très fiables mais Jean-François arrive à leur soutirer leurs chèques !
De leur côté, Georges-Edouard et Joël et Gaby battent le rappel autour de CAMPENEAC et arrivent à accrocher quelques membres qui acceptent de rentrer dans le jeu. Parmi eux, citons Eric CHASLIN, Serge BARGAIN, Jean-Luc PROUST... Nous arriverons à rassembler ainsi une dizaine de chèques. Il peut paraître choquant de ne parler que d’argent mais c’était une réalité omniprésente et incontournable ! Faute de réunir la somme indispensable et préalable, il était hors question de persévérer.
Enfin, François BERTRAND et Philippe TOUZE se démènent sur RENNES. Ils obtiennent que Philippe BUAN et Jean-Yves DUBOIS, instructeurs VV, viennent nous dispenser leur savoir !
C’est ainsi que l’Assemblée Générale du 11 Janvier 1986 décide de l’achat du treuil et du BERGFALK IV de La ROCHE sur YON, pour la somme de 150.000 francs.
Les prix des forfait fixé à 2.700 Frs et de la treuillée à 35 Frs (30 Frs pour les moins de 25 ans) sont entérinés par l’Assemblée Générale. Cette même Assemblée Générale décide également d’un meeting le 8 juin 1986 sur la plate-forme de LOYAT.
Les premiers (vrais) vélivoles de l’ACB nouvelle version ont pour noms : ABGRALL, BARGAIN, BOCANDE, BERTRAND, CAMPAUT, DERRIEN, LE PAGE, PROUST, RIGAUD, ROSE, TOUZE.
Un premier raid est organisé en direction du Club de La ROCHE sur YON, pour rapatrier le treuil à LOYAT sur porte-char, odyssée qui mérite un ouvrage à elle seule... Les vélivoles de La ROCHE sur YON acceptent de nous assister pour notre démarrage. Ils nous livreront le BERGFALK IV avec une remorque qu’ils nous prêteront pour notre première année d’activité. Ils formeront des treuillards parmi nous et leur instructeur formera les deux nôtres lors de la première journée de vol.
Et c’est ainsi que le Président inaugurera l’activité planeur exclusive à l’Aéroclub de Brocéliande, par la première treuillée sur le BERG IV F-CEZA, le 12 avril 1986, vol mémorable de quatre minutes pleines et entières !!! Le Vol à Voile à PLOËRMEL était lancé !
A partir de ce moment, chaque fois que la météo le permet, les vols vont bon train. Toutefois ces débuts sont durs à vivre !
Les seuls pilotes brevetés sont François BERTRAND, J.-F. RIGAUD et Philippe TOUZE. (Georges-Edouard CAMPAUT est breveté mais, c’est si ancien, qu’il veut refaire de la DC). Ils se partagent le FAUCONNET. Malheureusement, F. BERTRAND lui-même cassera un peu son appareil en se vachant. Le temps de faire réparer et la saison sera quasiment terminée. Ainsi les brevetés n’auront pratiquement pas volé cette année 1986.
Le reste de la troupe n’est constitué que d’élèves. Il y a queue au BERG ! Les vols des élèves seront écourtés pour faire passer un maximum d’élèves chaque dimanche.
Personne n’est familiarisé avec le lancement au treuil ni avec le treuil lui même.
Et surtout, le treuil est délicat à manier. Il est souvent en stand by. Les premiers treuillards doivent faire leur expérience. Les parachutes livrés avec le treuil ne freinent rien du tout et le câble tombe en vrac, dans les genêts. Le câble casse pour un oui et pour un non. Le moteur ratatouille, l’embrayage automatique patine...
Eric CHASLIN est le sauveur du Club : il trouve les pièces nécessaires et refait embrayage et boîte. Progressivement, treuillards, instructeurs et élèves deviennent plus souples avec ce matériel, on apprend à faire les épissures sur le câble, on installe des parachutes de queue de MIRAGE qui sont efficaces, Eric fait tourner rond ce moteur V8, les câbles cassent moins souvent...
A l’automne 1986, Philippe TOUZE déniche un hangar à CHANTEPIE. Nous l’achetons pour la somme de 4.000 Frs. Nous le démonterons, le transporterons dans un camion frigo de François BERTRAND et le remonterons sur le terrain. C’est ce hangar qui abrite actuellement les remorques de nos planeurs.
L’immobilisation du FAUCONNET et la perspective de lâchers solos font ressentir le besoin d’un second monoplace. L’achat d’un K6 E est décidé pour 65.000 Frs sur les fonds propres du Club. C’est le F-CDRI que, depuis, Michel a si bien refait et re-refait dont le Club dispose encore actuellement.
Il faut aussi noter dans l’activité du Club cette année là (1986), l’organisation d’une journée porte ouverte le 25 mai 1986 et d’un meeting le 8 juin 1986. F. BERTRAND, P. ROSE et Ph. TOUZE avaient réussi à proposer un plateau très séduisant - dont la venue d’un membre de l’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air et son CAP 10 - qui a contribué à la promotion de l’ACB.
Sans toutefois constituer une activité purement "Club", l’aéromodélisme fait enfin voler des avions par la main habile de Gildas BODOLEC.
Trois membres du Club pratiquent l’ULM et réalisent 92 heures de vol.
Une tentative de remise en route de la section moteur ne voit pas le jour faute de candidats en nombre suffisant.
Un point important a été gagné : grâce à l’appui de Mr ANSELIN , Pierre ROSE a enfin obtenu du Syndicat Mixte de l’Etang au Duc, un vrai bail, pour le franc symbolique, pour le hangar.
A l’Assemblée Générale de janvier 1987, le bilan de la 1ère saison de vol (1986) est encourageant :
653 treuillées,
175 heures de vol dont 26 en FAUCONNET
4 lâchers solo
3 brevets théoriques
Achat et montage d’un hangar
Achat d’un planeur monoplace
Bilan satisfaisant certes, mais au prix de combien de difficultés, de travail, de découragements, que seule la détermination et l’efficacité d’une poignée de membres (dont 1 seul "ploërmelais") bien décidés ont permis de passer l’obstacle.
A partir de cette AG, la gestion du Club va devenir plus traditionnelle. Pierre ROSE quitte PLOËRMEL pour RENNES. Il reste administrateur, mais il propose Philippe TOUZE pour lui succéder à la Présidence. Jean-François RIGAUD présente, semble-t-il, un problème de santé pour renouveler sa licence : il demande à quitter le Conseil d’Administration. (Et d’ailleurs, c’est bien tristement que nous le verrons quitter le Club lui-même) Petit à petit, de nouveaux membres venus d’au-delà des frontières ploërmelaises rejoignent le Club, contribuant ainsi à lui donner l’allure d’une véritable Association.
Pendant l’année 1987,
* l’aéromodélisme continuera son activité confidentielle... mais volante !
*100 heures de vol auront été effectuées sur machines privées en ULM.
* Pour le vol à voile, l’activité sera de : 547 treuillées
197 heures de vol dont 93 en monoplace
Philippe TOUZE fait cadeau au Club de ses parts sur le FAUCONNET. Ainsi l’ACB devient copropriétaire à 50 % de ce planeur (les autres 50% restant détenus par François BERTRAND.)
Eric CHASLIN obtient son brevet de pilote planeur.
Il faudra cependant déplorer le vol dans le hangar des instruments de bord sur 2 des planeurs. Cela coûtera 20.000 Frs au Club, coup dur qui lui sera préjudiciable.
La principale conséquence à tirer de cet exercice est le besoin en instruction. Aussi, à l’Assemblée Générale du 12 février 1988, le Président Ph. TOUZE propose-t-il de trouver un instructeur qui assurerait une permanence totale pendant les mois de juillet et août. L’idée d’acquérir un moto-planeur est aussi lancée mais l’acquisition semble prématurée.
En revanche, Georges-Edouard CAMPAUT est décidé à acquérir un monoplace qu’il mettrait à disposition du Club.
Enfin, une fête aérienne est prévue pour le 12 juin 1988.
Au cours de l’année 1988,
* l’aéromodélisme continue son activité modeste. Le jeune Gildas BODOLEC qui a grandi, fait voler avec assiduité des avions. Il passera bientôt au "vrai" planeur !!!
* Joël HERVIAUX réalisera 30 heures de vol en ULM.
* Quant au Vol à Voile, il atteindra 311 heures de vol.
Cette progression impressionnante est à mettre au crédit de l’équipe dirigeante.
La fête aérienne du 12 juin a contribué à la promotion de l’ACB.
Les autorités locales et administratives n’ignorent plus l’ACB et commencent même à l’aider.
Surtout, la présence continue de Lucien BERNARD, instructeur VV, pendant les mois de juillet et août ont permis une activité soutenue pendant la belle saison. Il est bénévole. Seuls, tous ses frais sont supportés par le Club.
Enfin, Georges-Edouard CAMPAUT a acquis un PHOEBUS qu’il met à disposition des brevetés.
En fin de saison, il a été décidé d’acheter un K13, l’actuel F-CDYC, qui doit permettre la réalisation de circuits.
L’ACB va alors posséder 5 machines permettant un véritable essor.
BERGFALK
K 13
FAUCONNET
K 6 E
PHOEBUS
A l’Assemblée Générale du 28 janvier 1989, Philippe TOUZE quitte la présidence pour raisons professionnelles et passe ses pouvoirs à Hervé DERRIEN.
Pendant sept années, Hervé DERRIEN va assurer une gestion rigoureuse de l’ACB. Les turbulences des premières années s’éloignent. Bien entendu, aidé en cela par la Secrétaire Denise SOHIER, il aura à assurer un équilibre financier délicat, à gérer des problèmes de relations humaines, à veiller au bon état de fonctionnement du matériel, à courir après les élus et les administrations pour obtenir leur aide... Mais il saura mener ce travail avec opiniâtreté et un dévouement sans faille à la cause de l’ACB.
Chaque année, Lucien BERNARD reviendra aux mois de juillet et août. Il formera les pilotes du Club qui deviendra ainsi un "vrai" aéroclub de vélivoles.
En 1990 il est décidé de revendre le BERGFALK IV et d’acheter un moto planeur. Le type retenu est un SF25 A. Le bilan de l’année est de 800 treuillées, 400 heures de vol et 100 baptêmes.
1991 voit un léger fléchissement avec 360 heures de vol. Mais il est agréable de constater que sur 26 licenciés, 6 ont moins de 25 ans et que les nouveaux sont de plus en plus originaires de la région ploërmelaise.
En fin de saison, on constate que le SF 25 A a très peu volé et que le BERGFALK n’est toujours pas vendu... ! Heureusement, il trouve enfin acquéreur pendant l’hiver 1991-1992.
L’Assemblée Générale du 4 avril 1992 décide de changer le nom de l’aéroclub. Il s’appellera désormais : CENTRE DE VOL A VOILE DE BROCELIANDE.
En 1992 :318 heures de vol sont réalisées.
Cette année là, l’Aéroclub de Brocéliande s’ouvre à l’extérieur. Du 28 au 31 mai, le remorqueur de RENNES et un TWIN viennent à PLOËRMEL. Les vélivoles ploërmelais peuvent pratiquer le remorquage. En échange, les rennais viennent à PLOËRMEL pour y découvrir le treuillage.
Du 22 au 29 août 1992, le SF 25 A participe au Rallye des Planeurs Anciens avec Philippe BUAN, Thierry MAHE et Hervé DERRIEN.
C’est encore l’année où le Club achète le LIBELLE F-CEBJ toujours présent dans le parc.
En 1993, le score remonte avec 363 heures de vol.
Michel BERNARD apparaît. Il peut venir en semaine faire de l’instruction si la demande apparaît.
La Coupe du Busard est mise en route.
L’échange RENNES-PLOËRMEL se fait à l’Ascension.
Lucien BERNARD continue à assurer le fonctionnement du Club en juillet et août, comme chaque année.
1994 : une vingtaine de membres, dont 6 de moins de 25 ans et 383 heures de vol.
Décidément, le SF 25 A n’était pas la bonne affaire. Sa mécanique capricieuse et son pilotage délicat font prendre la décision de le revendre... si possible... !
1995 : le SIVOM décide la construction de 240 m2 de hangar pour l’activité ULM. Et un autre pour une activité avion qui débuterait en 1996. A suivre.
Pour le moment, il faut cohabiter dans les différents locaux avec les ULMistes...
En attendant, le Club a réalisé 470 heures de vol cette année ! Beau succès...
L’équipe dirigeante monte un dossier de financement pour l’acquisition d’un planeur bi-place neuf ALLIANCE SF 34.
Michel BERNARD s’investit de plus en plus dans l’entretien des planeurs et dans l’instruction.
Didier BECHU prend en main le suivi du treuil.
Une nouvelle recrue : Jean-François CHEREL, bénéficiera de condition particulières pour son adhésion au club en assurant en contrepartie la quasi totalité des treuillages.
Après 7 années de Présidence, Hervé DERRIEN décide de ne pas se représenter à l’élection du Conseil d’Administration. Il est nommé Président d’Honneur à l’Assemblée Générale du 4 février 1996. Yves THIBAUDIN lui succède.
La saison 1996 est marquée par un événement important : le Club a achète son premier planeur neuf : l’ALLIANCE 34 F-CIHJ. Un investissement de 368 KFrs...
Pour 29 licenciés et 5 planeurs, le total des heures de vol pour 1996 atteint 562 heures ! Un record !
Georges-Edouard CAMPAUT vend son PHOEBUS mais Jacques PAPY acquiert un PEGASE F-CHGP utilisable, après son accord, par les pilotes sélectionnés par le Chef Pilote.
Il est décidé de se séparer du FAUCONNET.
En mai 1997, l’ALLIANCE 34 est enfin sur notre terrain. Son baptême a lieu le 20 juillet 1997 et la marraine est Mme SANTIER , Maire de LOYAT. Il est toujours là et le chérissons comme au premier jour. Cinq ans après, nous ne pouvons que nous féliciter, de ce lourd et courageux investissement
Didier GUERIN a rejoint Michel BERNARD et Philippe BUAN qui forment maintenant une équipe de 3 instructeurs.
La faiblesse de l’Association repose sur le faible nombre de treuillards qui sont pourtant au nombre de cinq. Les bonnes volontés sont sollicitées...
Et puis, l’opportunité d’acquisition à bon prix d’un remorqueur se fait jour. Une AG extraordinaire est convoquée d’urgence le 30 novembre 1997. Celle-ci donne son accord pour l’acquisition au prix de 130 KFrs du Commodore F-BSAN. C’est notre remorqueur actuel.
L’année 1997 aura permis d’effectuer 810 heures de vol !
6 brevets de pilotes planeur, 1 lâché solo et 2 certificats "D" honorent le palmarès du Club.
L’acquisition par Georges-Edouard CAMPAUT d’un PEGASE F-CGBJ porte à 6 le nombre de machines du parc.
Il est a noter que l’Assemblée Générale de l’Association du 18 janvier 1998 décide de revenir à la dénomination originelle du Club : AEROCLUB DE BROCELIANDE. Ceci permettra éventuellement la remise en route d’une section vol moteur et surtout, de contrôler cette activité si elle devait se mettre en place en dehors du Club. Ce re-changement de nom du Club est entériné par l’Assemblée Générale Extraordinaire du 21 juin 1998. A cette occasion, les statuts sont aménagés pour qu’une école de pilotage moteur puisse être l’objet de l’activité de l’AEROCLUB DE BROCELIANDE.
Concernant l’exercice 1998, le Procès Verbal de l’Assemblée Générale du 31 janvier 1999 ne donne aucune statistique sur les vols de l’année. On peut néanmoins dénombrer une quarantaine d’adhérents à l’Association.
Jacques PAPY, Yves THIBAUDIN et Eric BRETAGNE bénéficient d’une formation de pilotes-remorqueur.
On peut également remarquer la première intervention du riverain, Mr LE QUITTE, qui se plaint des nuisances sonores apportées par le remorqueur. L’étude de l’adaptation d’un silencieux est alors évoquée.
1999 : 1414 heures de vol ont été effectuées. C’est un record !
On note que : Michel BERNARD, qui demandait en vain depuis des années d’être aidé par les membres du Club dans l’entretien du matériel, fait part une fois de plus de sa lassitude. Il remet sa démission du poste de Chef Pilote.
Didier GUERIN est sollicité pour renouveler sa qualification de plieur de parachutes.
Le lancement des planeurs avec remorqueur implique de trouver des pilotes remorqueurs. Ceux-ci sont rares et il faut faire appel à des Clubs extérieurs.
Un nouvel emprunt a été contracté pour l’acquisition par le Club des PEGASES de Jacques PAPY et Georges-Edouard CAMPAUT.
C’est à cette Assemblée Générale là que Messieurs MOUREAU et CORVAISIER, respectivement Président de la Communauté de Communes du Pays de Ploërmel et Adjoint au Maire de Ploërmel, informent l’Aéroclub de Brocéliande qu’un hangar de 600 m2 allait être construit, livrable pour juin 2000.
Le Président Yves THIBAUDIN ne souhaitant pas se représenter au C.A., c’est Didier GRELIER qui lui succède à ce poste.
Exercice de l’an 2000 : Le Club se dote d’un nouveau planeur, un CIRRUS.
L’année 2000 a vu se réaliser 1079 heures de vol. 6050 Km ont été effectués sur la campagne.
La baisse du nombre d’heures de vol par rapport à 1999 serait due surtout à une mauvaise météo, mais aussi à une diminution du nombre d’adhérents. Il semble également que des tensions se soient faites jour entre certains membres et que l’ambiance sur le terrain s’en soit ressentie...
D’ailleurs, les élections qui suivent montrent que les membres de l’Association n’épousaient peut être pas les options de l’équipe dirigeante puisqu’elle ne recueille pas les voix nécessaires à sa réélection. C’est donc un nouveau Bureau qui va dès lors présider à la destinée du Club. Michel BERNARD sera Président, Jacques PAPY, Vice-Président, Gilbert GAUTER, Trésorier, Serge BARGAIN, Trésorier-Adjoint et Eric PATARIN, Secrétaire.
Exercice 2001 : événement important : le 13 mai 2001 le nouveau hangar de 600 m2 a été inauguré en présence des personnalités qui ont oeuvré à la réalisation de ce projet. L’AEROCLUB DE BROCELIANDE est désormais équipé pour se développer.
Le nombre d’heures de vol effectuées n’est pas porté au PV de l’AG Extraordinaire du 25 novembre 2001 mais y est annoncé comme satisfaisant.
Cette AG Extraordinaire a été réunie pour modifier les statuts. Jusque là, les membres du Comité Directeur étaient élus pour un an. Dans le but de permettre un action dans le temps et compte tenu de la taille que le Club a atteinte maintenant, il semblerait plus judicieux que les mandats soient de 3 ans, avec renouvellement par tiers chaque année. Cette modification est approuvée lors de cette AG Extraordinaire.
Exercice 2002 : il sera marqué par ce terrible accident du CIRRUS le 1° juin 2002, qui a coûté la vie à notre ami Serge BARGAIN. Tous les membres de l’ACB ont accusé le choc et l’ambiance s’en trouvera marquée pendant toute la saison.
Si l’on ajoute à cela une météo extrêmement médiocre, ce ne seront finalement que 948 heures de vol qui seront annoncées au bilan provisoire de l’AG Extraordinaire du 27 octobre 2002. Notons cependant 2 brevetés : Pierre LAMART et Serge SARRAT.
Cette AG Extraordinaire a été provoquée pour la raison suivante.
Au Conseil d’Administration du 31 août 2002, Pierre ROSE avait exposé sa conviction que, pour la pérennité de l’ACB, il devenait incontournable que celui-ci dispose sur place d’un "permanent".
L’Association ne dispose pas de membre basé à proximité capable d’assurer cette fonction bénévolement. Il lui est par ailleurs impossible de salarier une telle personne. Avec Eric PATARIN, ils sont allés chercher de l’aide auprès de Monsieur ANSELIN, Maire de PLOËRMEL. Celui-ci suggère la solution suivante qui a été proposée à la ratification de cette AG Extraordinaire du 27 octobre 2002 .
Il s’agirait de créer une structure, qu’on appellera provisoirement pour la commodité, Centre Européen de Vol à Voile de Bretagne. Ce CEVVB aurait pour but et mission de promouvoir à la fois le Vol à Voile et la Bretagne, notamment auprès des jeunes et notamment à travers l’Europe pas le biais d’échanges avec d’autres clubs de Vol à Voile européens. Ces objectifs permettraient d’obtenir les subventions nécessaires au salariat d’un instructeur VV qui serait responsable de cette structure. Celle-ci fonctionnerait avec les moyens matériels (planeurs, remorqueur, treuil, voiture de piste, hangars, clubhouse...) et humains (administration, instructeurs, pilotes remorqueurs, treuillards...) de l’ACB.
Eric PATARIN est volontaire pour monter ce projet et recueille la coopération de Hadrien SOULET et de Serge WIECHERT. L’Assemblée Générale leur confère tous pouvoirs pour poursuivre ce montage.
Il ne faut pas oublier de mentionner le déroulement au mois de mai d’un championnat régional organisé par le CRVVB. Cette manifestation sympathique et conviviale remporte un vif succès. Elle est à peine troublée par l’intervention (la seconde) musclée d’un riverain au prétexte de nuisances sonores.... Cet incident réactive la nécessité d’équiper le remorqueur d’un silencieux..
Pierre ROSE décembre 2002
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